Régulation publicitaire et politique
Un article de Sanspub.
[modifier] Les principes de régulation publicitaire sont-ils de droite ou de gauche ?
En matière de lutte contre les infractions (pour mémoire jusqu'à 75% des dispositifs sur certains territoires, voir le palmarès), elle n'a pas de sens : l'application des lois de la république ne peut dépendre d'un quelconque positionnement politique. Les infractions prennent évidemment un caractère encore plus dérangeant dès lors qu'un gouvernement prône les mérites d'une méthode "tolérance zéro", en oubliant de l'appliquer à la délinquance publicitaire ! C'est manifestement le constat que la gouvernance UMP conduit à faire.
En matière d'évolution législative, qu'elle soit nationale ou communale par l'élaboration d'un règlement local de publicité, une plus forte régulation publicitaire pourrait être en première réflexion plus naturellement orientée "à gauche". Plusieurs contradictions démontrent le caractère totalement erroné de cette analyse.
- Le libéralisme sauvage, où les règles ne sont faites que pour être contournées, ne peut conduire à une construction pérenne de la société. Le principe d'anarchie est évidemment contraire à celui de développement économique.
- De nombreuses villes, de nombreux quartiers à tendance politique "de droite" ont réussi la régulation publicitaire. Les panneaux géants voire infractionnistes ne courent pas les rues dans les quartiers huppés, comme dans la commune de Neuilly, fief de Nicolas Sarkozy.
Ainsi, soit l'abondance publicitaire est une nécessité économique et il est urgent de la déployer dans les quartiers "de droite" où par définition, le pouvoir d'achat est plus important que dans les banlieues : le bénéfice économique est prometteur. Soit au contraire, les panneaux infractionnistes ou illégitimes doivent être régulés dans les banlieues au même titre qu'ils le sont dans les quartiers à fort pouvoir d'achat. La position qui consisterait à ne pas mettre en oeuvre ce principe d'équité, donc à appliquer aux quartiers déjà défavorisés la double peine de l'asservissement publicitaire, relève d'un mauvais raisonnement économique "de droite", fort détestable, qui conduit inévitablement à de nombreuses dérives violentes.
Pour terminer, la mise au point du code de l'environnement est également instructive :
- pour la partie législative L581 (loi de 1979-1150 du 29/12/1979), les débats préparatoires ont été portés par Jacques Carat (PS) et Jean Foyer (RPR), et le texte définitif, adopté par l'Assemblée Nationale et le Sénat, a été promulgué par Valéry Giscard d'Estaing ;
- pour la partie réglementaire R581 :
- Raymond Barre (proche UDF), premier ministre, a signé la partie relative à la publicité (ex décret 1980-0923), laissant ensuite la place à Pierre Mauroy (PS), premier ministre, pour signer les parties relatives aux enseignes et pré-enseignes (ex décret n°1982-0211), à l'affichage d'opinion (ex décret 1982-0220), et aux véhicules (ex décret 1982-0764) ;
- Michel Rocard (PS), traite de la publicité sur les eaux intérieures (ex décret 1989-0422) ;
- Michel Barnier (UMP) s'est chargé de renforcer la protection publicitaire par la mise en place de procédures de déclaration, autorisation, dépose d'office (loi 1995-0101 du 02/02/1995 article 53 suivie du décret 1996-0946).
La maîtrise de la prolifération publicitaire est donc bien une nécessité publique, indépendante de toute tendance politique, que tout acteur au pouvoir doit mettre en oeuvre de manière juste et équitable sur l'ensemble du territoire, local ou national.
[modifier] Une évolution de la loi ?
La volonté politique ne semble actuellement pas à la hauteur de la problématique :

