plaidoyer pour l'action contre l'affichage publicitaire
Lutter contre l'affichage publicitaire n'est-il pas un amuse gueule de bobo
par rapport à d'autres problèmes mondiaux, comme la guerre, la famine, le
sida, etc. ? Cette page vise à convaincre de l'inverse.
La publicité déclinée à l'aide des
grands médias de masse (TV, affichage, magazines, radios...) est à l'origine
de bien des maux des sociétés dites "modernes" : surconsommation de
biens, de nourriture, notion de "marques", donc surproduction
d'énergie, d'où besoin de nucléaire, de plus d'espace, de zones industrielles
champignon, etc. Sans publicité à la télévision, le discours des gosses dans les cours de
récréation et leur choix de nouvelles baskets serait bien différent. La
publicité, c'est le carburant de la consommation : lutter contre la publicité,
c'est attaquer le mal de la sur-consommation à la source ; lutter contre la
publicité illégale, c'est défendre l'économie locale contre la délinquance
des grandes puissances économiques.
Par ailleurs :
1. il vaut mieux d'abord faire le ménage devant sa porte avant d'aller
s'occuper des autres, d'où l'idée d'agir en France, dans sa région et au plus
près de chez soi plutôt qu'ailleurs ;
2. l'affichage publicitaire extérieur, vu à
partir du domaine public, n'est pas évitable contrairement à tout le reste, et
il est en plus généreusement illégal, ce qui est inacceptable ;
3. comment peut-on imaginer de vivre en harmonie avec l'environnement si l'on
apporte aucun soin à son cadre de vie de tous les jours ;
4. le principe de la publicité régulée, c'est la possibilité d'exercer un
droit de réponse : en matière d'affichage extérieur, ce principe est plus
qu'une illusion.
extrait de l'argumentaire d'Yvan Gradis contre la publicité
- Ce n'est pas la publicité en tant que telle qui pose problème, mais
l'agression publicitaire. Il faut bien avoir à l'esprit que dénoncer «la
publicité» (y compris dans le présent exposé) constitue un abus de langage.
- La publicité, qui devait n'être qu'un outil économique, est devenue
le décor de nos vies quotidiennes.
- À force d'être présente, la publicité pénètre jusqu'à notre vie
intérieure qu'elle encombre de faux besoins et de fausses valeurs. On peut
même parler d'une véritable idéologie imposée, ou plutôt insinuée, par une
authentique propagande.
- Tous les défauts de la publicité peuvent être classés dans deux
grandes catégories : violence et manipulation. Tout message ou procédé
publicitaire est plus ou moins violent, plus ou moins manipulateur. La
publicité idéale serait celle qui ne serait ni violente ni manipulatrice. Il
en est qui se rapprochent de cet idéal.
- L'imagerie publicitaire, toute d'humour, de tendresse, de charme et de
gaieté, sème le doute dans les esprits, instaure le soupçon généralisé,
noie peu à peu l'ensemble de la population dans une indifférence inconsciente,
source d'égoïsme. Elle sème la confusion et anesthésie les consciences.
Censément lumineuse et instructive, elle constitue, en réalité, une forme
d'obscurantisme.
- Dans une civilisation productiviste, économiste, comme la nôtre, il
ne faut pas attendre du pouvoir politique, quel qu'il soit (de droite ou de
gauche), qu'il réduise la place de la publicité. C'est de la population que
doit venir la réaction, au sens profond du terme.
- Le citoyen peut beaucoup en matière de lutte antipublicitaire, mais il
risque aussi de gaspiller beaucoup de temps et d'énergie en s'attardant sur des
fronts où la bataille est perdue d'avance.
- La voie publique : l'affichage (ou publicité extérieure), tel qu'il
est pratiqué, constitue l'agression majeure, dans la mesure où il touche tout
le monde. Si la lutte antipublicitaire devait se dérouler sur un seul front, ce
serait celui-là.